Il y a près de 30 ans, j’ai eu mon premier emploi de commis d’épicerie – le genre d’emploi que plusieurs de nos membres occupent aujourd’hui.
Nos membres, dont l’ensemble se chiffre à 230 000 à travers le Canada, sont des gens dans votre entourage. Ils se trouvent dans des magasins d’alimentation, des usines de transformation de viande et des hôtels comme celui-ci. Certains d’entre eux travaillent dans des maisons d’accueil pour personnes âgées, des agences de location de voitures, des élévateurs à grain et de nombreux autres milieux de travail.
Certains travaillent comme gardes de sécurité. D’autres travaillent dans les magasins de bière de la société Brewers Retail ici en Ontario.
Nos membres sont les gens qui produisent les saucisses à hot dog Maple Leaf. D’autres produisent le ketchup Heinz. Ce sont des travailleurs et des travailleuses. Ils ne sont pas riches. Ils n’ont pas des emplois prestigieux mais au fil des années, leur emploi dans un établissement syndiqué a soutenu leur famille.
Leur emploi syndiqué les a aidé à envoyer leurs enfants au collège, leur a donné une certaine sécurité et leur permet de bénéficier d’une rente de retraite pour qu’ils ne se retrouvent pas dans la pauvreté lorsqu’ils cessent de travailler.
Il y a environ six mois, 200 hommes et femmes à Jonquière (Qué.) sont devenus de nouveaux adhérents de notre syndicat. En raison de cela – parce qu’ils ont exercé leur droit légal de se joindre à un syndicat – leur employeur a décidé de les punir très sévèrement en se servant d’eux, de leurs familles et de la communauté comme exemple.
La compagnie Wal-Mart les a tous congédiés en leur disant que le magasin fermerait dans trois mois. Elle prétend que ce n’est pas parce qu’ils ont adhéré à un syndicat. Wal-Mart soutient qu’il s’agit d’une décision « d’affaires », et dans un sens c’est vrai.
La décision de la compagnie est de se débarrasser du syndicat aux dépens de ses employés car elle les considère sans valeur.
Wal-Mart, qui contrôle maintenant la vie de travail de 70 000 Canadiens et Canadiennes, a pris la décision que le coût de se débarrasser de 200 employés à Jonquière est un bon investissement à long terme parce qu’il inspire la peur parmi le reste de ses employés à travers le Canada et les Etats-Unis.
Je tiens à assurer nos membres et leurs familles à Jonquière que nous sommes là pour eux. Nous continuerons de les appuyer aussi longtemps qu’il le faudra pour que le tort qui leur a été causé par Wal-Mart soit réparé.
Au Québec, nous allons déposer une plainte de pratiques déloyales de travail contre Wal-Mart pour avoir négocié de mauvaise foi car il est évident qu’au cours des deux mois derniers, la compagnie négociait seulement pour les apparences.
Wal-Mart n’a jamais eu l’intention de conclure une convention collective. Wal-Mart a pris la décision de fermer le magasin bien avant que nous nous asseyions avec elle à la table de négociation. La décision a été prise le jour où la commission des relations du travail a accrédité le syndicat.
Tout ce qui s’est passé depuis n’a été que des prétentions mensongères.
Au nom de nos membres, nous allons également déposer une plainte de pratiques déloyales de travail concernant les actions vindicatives de Wal-Mart à Jonquière.
Nous allons demander à la Commission des relations du travail du Québec d’obliger Wal-Mart à prouver que le magasin de Jonquière perd de l’argent car nous savons que, malgré de que la compagnie affirme, sa décision de gâcher la vie de 200 travailleurs, leurs familles et leur communauté, n’est pas motivée par les profits.
Le magasin est rentable et continuerait de l’être tout comme d’autres chaînes de magasins de détail syndiquées au Québec.
L’insensibilité calculée de Wal-Mart n’est pas liée aux profits. Elle a trait au pouvoir, le pouvoir absolu que la compagnie veut avoir sur ses employés, ses fournisseurs et les localités où elle fait affaire.
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Source: Michael J. Fraser
Directeur national
TUAC Canada