Fête nationale : l'hypocrisie des grandes surfaces
« Le gouvernement doit prendre les moyens
pour faire respecter la loi »
— Louis Bolduc, adjoint exécutif au directeur national des TUAC
MONTRÉAL, le 21 juin /CNW Telbec/ — Alors qu'au début de juin, l'Assemblée nationale votait à l'unanimité des amendements à la Loi sur la fête nationale afin de permettre à quelque 115 000 Québécois et Québécoises oeuvrant dans les commerces d'alimentation de bénéficier du congé au même moment que leurs parents et amis, voilà que les opérateurs de grandes surfaces ont décidé d'ouvrir le 24 juin même s'ils savent qu'il est impossible de fonctionner à quatre employés dans des établissements de cette taille.
Un minimum de services, oui, mais...
« Notre syndicat a salué le geste du gouvernement qui venait mettre un terme à plus de 15 années de controverse sur l'ouverture des commerces le dimanche et à 15 années d'injustice pour les travailleurs et travailleuses.
« Le gouvernement a cependant jugé que la population avait besoin d'un minimum de services en permettant l'ouverture des commerces d'alimentation avec un maximum de quatre personnes. Tous avaient en tête les petits commerces de proximité, évidemment. Jusque-là ça va », a indiqué Louis Bolduc, adjoint exécutif au directeur national des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ) et vice-président de la FTQ.
Le comble de l'hypocrisie
« Là où ça ne va plus du tout, c'est quand les opérateurs de grande surface affichent ouvertement leur mépris pour la loi en décidant d'ouvrir le 24 juin. Certains employés se sont même fait demander de s'habiller en civil, sans leur habit de travail habituel, afin de pouvoir se confondre avec la clientèle et de berner tout inspecteur qui voudrait faire respecter la règle des quatre employés maximum. »
« Le comble de l'hypocrisie, c'est que ce sont justement les opérateurs de grandes surfaces qui ont appuyé les amendements sur le maximum de quatre personnes le 24 juin. Avaient-ils déjà pris leur décision d'ouvrir à la fête nationale tout en contournant la loi amendée qu'ils disaient appuyer? », a questionné Louis Bolduc.
Le gouvernement doit se montrer ferme
« En agissant de la sorte, les opérateurs de grandes surfaces envoient le message qu'ils peuvent se placer au-dessus des lois en raison du peu de ressources allouées pour faire respecter ces lois. »
« Nous demandons instamment au ministre du Travail et du Développement économique, David Whissel, de même qu'au ministre Raymond Bachand d'être fermes. Laisser passer un tel affront enverrait un très mauvais signal à la population et aux commerçants sur le sérieux du gouvernement dans ce dossier. Votre démarche a été sérieuse jusqu'à présent, ne laissez pas quelques opérateurs de grandes surfaces ridiculiser nos lois », a conclu M. Bolduc.