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Chronologie historique du
mouvement ouvrier au Québec

Tout au long de l’année, nous vous ferons découvrir plusieurs dates et événements qui ont jalonné l'histoire du mouvement ouvrier au Québec depuis 1818. Nous vous invitons à visiter notre site Internet régulièrement pour consulter les différentes capsules d’information qui s’ajouteront chaque semaine.

1818
Le premier syndicat connu au Québec est la Société amicale des charpentiers et menuisiers de Montréal. Elle est vraisemblablement la première société de secours mutuel de type professionnel offrant des indemnités en cas de maladie, d'accident ou de mortalité à Montréal.

1830
Les premiers syndicats de métier apparaissent au début du 19e siècle. À cette époque, ces regroupements de travailleurs sont clandestins, illégaux et éphémères.

En 1830, les compagnons charpentiers de navire, les imprimeurs, les tailleurs, les tailleurs de pierres et les charpentiers ont déjà leurs syndicats. De plus, certains d’entre eux ont à leur actif quelques grèves ayant pour enjeux la hausse des salaires et l'amélioration des conditions de travail.

1834
En 1834, on assiste au premier regroupement régional; l'Union des syndicats de métiers de Montréal.

1850
C’est à partir de 1850 que les artisans commencent à s'affilier à de grandes organisations. À l’origine, ce sont les travailleurs britanniques qui établissent des sections locales des syndicats auxquels ils appartenaient en Angleterre. Cependant, les ouvriers spécialisés canadiens préfèrent associer leurs syndicats locaux à de nouveaux syndicats américains. Cette situation traduit la tendance croissante des travailleurs à parcourir l'Amérique du Nord à la recherche d'emplois. Ce « syndicalisme international » a pour objectif d’établir des normes d'emploi communes à tout le continent. En contrepartie au Québec, de nombreux syndicats de métier refusent de se joindre à ces syndicats internationaux parce que ceux-ci portent peu d'intérêt à la langue et à la culture françaises.

Après 1850, de nombreux employeurs tentent d'éliminer les métiers spécialisés en subdivisant les tâches pour les confier à des ouvriers moins qualifiés et en installant de la nouvelle machinerie. Au cours de la Première Guerre mondiale, ces changements occasionnent la production en série et la gestion « scientifique » des entreprises. Les artisans ont alors recours à leurs syndicats pour résister à ses changements qui, selon eux, dérangent leur mode de travail, réduisent leurs salaires et menacent leurs emplois. Ainsi, les syndicats resserrent les règles et règlements relatifs à l'exercice de chacun des métiers et s'attendent à ce que les employeurs les respectent quand ils embauchent des travailleurs spécialisés. Ces nouvelles règles régissent, entre autres, l'apprentissage, la charge quotidienne de travail, les heures de travail et les outils propres au métier.

Néanmoins, beaucoup d'employeurs s'opposent à ces restrictions qui limitent leurs prérogatives, poussant ainsi les syndicalistes à déclencher des centaines de grèves au cours des 50 années qui suivront.

1860
L'Union internationale des mouleurs de fonte est le premier syndicat nord-américain à s'implanter au Québec. Il recueille l'adhésion d'un groupe de travailleurs qualifiés des fonderies de Montréal. Suivront les unions internationales des cigariers (1865), puis des cordonniers et des typographes (1867).

1870
Fondation de l'Union typographique Jacques-Cartier, section locale 145 de l'Union internationale des typographes, qui regroupe les typographes francophones de Montréal. Il s'agit du plus ancien syndicat toujours actif au Québec (et à la FTQ), connu aujourd'hui sous le nom de section locale 145 du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ).

1872
Au Canada, l’origine de la fête du Travail remonte à l’année 1872. À ce moment-là, il est d’usage de travailler 12 heures par jour dans d’affreuses conditions, les congés se font très rares, les droits des travailleurs sont limités et l’activité syndicale est illégale. À une époque où les « chefs de l’industrie » dirigeaient l’économie, un travailleur qui quittait son emploi commettait une infraction criminelle et était passible d’une peine d’emprisonnement en vertu de la Loi des maîtres et serviteurs. La loi limitait considérablement la possibilité pour les travailleurs d’entreprendre des actions collectives et de former des syndicats.

C’est pourquoi le 15 mai 1872, des ouvriers de l’ensemble de l’Ontario et du Québec forment le Mouvement pour la journée des neuf heures qui exercera son influence de janvier à juin 1872. Les instigateurs du mouvement défient l'opposition et organisent une manifestation qui rassemble 1500 travailleurs de Hamilton. Le premier à revendiquer une semaine de 58 heures est le syndicat des imprimeurs à Toronto. Devant le refus de l’employeur, le syndicat déclenche la grève, mais les piqueteurs sont appréhendés et emprisonnés. Néanmoins, les bases du mouvement sont solides et les pressions du public sont telles que le premier ministre John A. Macdonald se proclame « l’ami du travailleur » et adopte la Loi sur les syndicats ouvriers le 14 juin 1872. Cette loi établit entre autres qu'il ne faut pas considérer les syndicats comme des conspirations illégales.

Le 12 octobre 1972, le premier travailleur est élu comme député conservateur de la circonscription de Hamilton en Ontario. Henry Buckingham Witton siègera à la Chambre des communes durant 467 jours (1 année, 3 mois, 11 jours).

1873
La crise économique de 1873 fragilisera le mouvement syndical qui malgré tout arrachera quelques victoires sur le plan législatif notamment : la loi permettant la saisie des salaires (Mechanics’ Lien Act). Cette nouvelle loi aide les employés à récupérer les salaires qui leur sont dus, le piquetage pacifique est mis à l’abri des poursuites au criminel et certaines des dispositions les plus rigides de la loi des maîtres et serviteurs (Master and Servant Act) sont assouplies.

L'Union ouvrière canadienne, créée en 1873 sur l'initiative de l'Assemblée des métiers de Toronto, représente la première tentative des syndicats canadiens de se regrouper en une fédération nationale. Défendant un syndicalisme modéré tant dans son idéologie que dans ses pratiques, l'Union ouvrière canadienne n'apporte son appui aux syndicats en grève que s'ils ont d'abord tenté de régler leurs différends par arbitrage. Ses principales préoccupations touchent l'expansion du syndicalisme et l'adoption de lois favorables aux travailleurs. En outre, l'organisme s'oppose au travail des enfants, au recours à l'immigration par le gouvernement ainsi qu’à l'utilisation des prisonniers pour leur faire effectuer des tâches entrant en concurrence avec celles des travailleurs libres. À ses congrès annuels de 1873 à 1877, les délégués syndicaux votent, entre autres, des résolutions favorables au suffrage universel, à la création du Bureau de la statistique du travail, à une réglementation plus stricte de l'apprentissage, à une réduction des heures de travail et à une représentation des travailleurs au Parlement.

1874
En 1874, le typographe d'Ottawa D.J. O'Donoghue est élu à l'Assemblée législative de l'Ontario comme candidat travailliste indépendant. Les candidats et les partis travaillistes obtiennent souvent l'appui des syndicats locaux.

1880
Au cours des années 1880, l’économie connaît une reprise. On assiste également à la relance du mouvement syndical. Les syndicats locaux au Canada sont au nombre de 54. Les pressions s’accentuent en faveur d’une célébration annuelle en l’honneur du mouvement ouvrier.

Les Chevaliers du Travail
croient fermement à l'association de tous les travailleurs sans égard à leurs compétences, à leur sexe ou à leur race. La clé de leur succès est de rassembler des hommes et des femmes pratiquant divers métiers. C’est d’ailleurs ce qui leur permet de se rendre jusque dans les petites villes et les villages. Particulièrement fort en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, l'ordre organise quelque 450 assemblées locales partout au Canada.

En Ontario et au Québec, les dirigeants des Chevaliers du Travail jouent un rôle clé dans la fondation du Congrès des métiers et du travail du Canada. Ils dominent les campagnes politiques ouvrières indépendantes des années 1880 et 1890, et font énormément de pressions politiques au Parlement. Leur plus grande réussite est d’avoir démontré à la classe ouvrière canadienne qu’il était nécessaire de s’unir pour trouver des solutions concrètes pour contrer la croissance d’une société capitaliste favorisant le monopole.

1881
En 1881, les femmes forment 74 % de la main-d’oeuvre du textile. Les dirigeants des fabriques sont en majorité britanniques et américains. Les ordres sont donnés en anglais.

1882
Aux États-Unis, les premiers défilés de travailleurs ont lieu en 1882.

1883
En 1883, une nouvelle initiative est lancée afin de former un syndicat national, soit le Congrès canadien du travail, qui deviendra par la suite le Congrès des métiers et du travail du Canada. Ce dernier est l’un des précurseurs de l’actuel Congrès du travail du Canada — une organisation syndicale nationale de premier plan au Canada.

1884
La fête des Travailleurs puise son origine le 1er mai 1884 alors que les syndicats américains luttent pour obtenir la limitation des journées de travail à huit heures.

1886
Fondation du Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM) connu aujourd'hui sous le nom du Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain. Le Conseil est fondé à l'initiative des Chevaliers du travail et des syndicats nord-américains de métiers. Son premier président est le machiniste Louis Guyon.

Fondation de la première centrale syndicale canadienne durable, le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) aujourd'hui le Congrès du travail du Canada (CTC), la grande centrale canadienne avec laquelle la FTQ est associée.

À partir de 1886, les Chevaliers du Travail participent aux activités du Congrès des métiers et du travail du Canada qui joue un rôle de lobby auprès du gouvernement fédéral et du gouvernement du Québec afin de promouvoir des lois favorables aux travailleurs. De 1886 à 1930, ces instances donnant une voix aux travailleurs sur le plan politique réclament des gouvernements des réformes électorales, l'enseignement gratuit et obligatoire, des programmes sociaux comme les pensions de vieillesse et « l'assurance-chômage » de même que la nationalisation des entreprises de services publics.

Le 1er mai 1886, environ 200 000 travailleurs américains obtiennent la journée de huit heures tandis que 340 000 autres, dont les patrons ont refusé les revendications, entament une grève générale. S’ensuit une manifestation le 3 mai où trois grévistes perdent la vie. Le lendemain, au terme d’une marche de protestation, une bombe explose et fait un mort chez les policiers. Une bagarre éclate et 7 autres policiers perdent la vie. Cinq syndicalistes sont condamnés à mort. Malgré l’absence de preuves, 4 d’entre eux sont pendus lors du tristement célèbre « Black Friday » (11 novembre 1887), le 5e s’étant enlevé la vie dans sa cellule. Trois autres syndicalistes sont condamnés à perpétuité. Après 6 années de détention, ils sont graciés par le Gouverneur John Peter Altgeld.

1888
Le 26 septembre 1888, un typographe syndicaliste de Montréal est élu à la Chambre des communes en tant que député ouvrier indépendant pour la circonscription francophone de Montréal-Est. Alphonse-Télesphore Lépine est le premier député ouvrier québécois. Réélu dans la même circonscription le 5 mars 1891, il est défait lors de l’élection du 23 juin 1896. En tout, il siègera 2768 jours (7 années, 6 mois, 29 jours).

Fondation du Conseil des métiers et du travail de Québec et de celui de Hull-Ottawa.

1889
Fondation du Comité exécutif provincial du Québec du Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC), un des ancêtres directs de la FTQ. Ce Comité a pour mandat de représenter les syndiqués auprès du gouvernement du Québec.

Le rapport que publie en 1889 la Commission royale sur les relations entre le capital et le travail démontre les profondes répercussions de l'industrialisation au Canada, et les commissaires appuient fermement les syndicats comme mode valable d'organisation des travailleurs : « Lorsqu`un homme vend son travail, il doit en cela être sur un pied d'égalité avec celui qui l'achète ».

En Europe, depuis 1889, on fait coïncider les festivités du 1er Mai avec les célébrations de la fête du Travail. Pendant quelque temps, on célèbre cette fête printanière au Canada, mais le besoin ressenti en Amérique du Nord de disposer d'une fin de semaine prolongée à la fin de l'été amène le Parlement à proclamer la fête du Travail en 1894.

1890
Les syndicats locaux au Canada, qui sont au nombre de 54 en 1880, passent à 240 en 1890.

C’est en 1890 que l'Union Internationale des Commis de Détail fait son apparition. Cet ancêtre des TUAC est le prolongement du Early Closing Societies. Il compte parmi les premiers syndicats à syndiquer des travailleurs en grand nombre et à organiser plu­sieurs grèves dramatiques contre d'importants détaillants.

1891
Les Chevaliers du Travail contribuent dans une grande proportion à la formation des conseils centraux de Montréal et de Québec qui ont pour rôle de transmettre les réclamations des syndicats aux conseils municipaux.

En 1891, 8 % des ouvriers du Québec sont des enfants de moins de 16 ans.

1894
Le 23 juillet 1894, le gouvernement de sir John Thompson sanctionne une loi instituant la fête du Travail, jour férié national fixé au premier lundi de septembre. Cette victoire éclatante est célébrée pour la première fois à Winnipeg où se déroule un gigantesque défilé s’étirant sur cinq kilomètres.

1897
Trois importants syndicats ont contri­bué à former l'Union Internationale des Employés de l'Alimentation et du Commerce.

Le syndicat des Coupeurs de Viande et Bouchers Unifiés d'Amérique du Nord (CVBU) fut créé en 1897 en réponse aux terribles conditions de travail qui préva­laient à l’époque dans l'industrie de la viande. Les bouchers au détail se sont joints en grand nombre à l'Union Internationale des Employés de l'Alimentation et du Commerce pour s'assurer un salaire décent cor­respon­dant à leurs qualifications et pour protéger leurs membres ainsi que leurs familles des malheurs tels que la maladie ou les accidents. Ayant à l'ori­gine, beau­coup de succès dans la syndicalisation des usines d'empaquetage, les CVBU ont beaucoup souffert du climat antisyndical des années 20 et 30 où ils ont perdu la plupart de leurs membres à l'extérieur des boucheries. Le succès dans la syndicalisation au cours des années 40, 50 et 60 lui a cepen­dant redonné son statut antérieur en tant que l'un des premiers syndi­cats dans l'industrie alimentaire.

1899

Fondation du Parti ouvrier par des militants du Conseil des métiers et du travail de Montréal et des « unions internationales ».

1900
Création du ministère du Travail. Le gouvernement fédéral s'implique progressivement dans le règlement des conflits de travail.

1902
Les syndicats internationaux connaissent une croissance rapide au début du siècle et font disparaître les Chevaliers du travail. En 1902, les syndicats internationaux comptent plus 100 syndicats avec un effectif d'environ 6000 membres. Leur emprise sur le syndicalisme québécois est contestée d'abord par des syndicats nationaux qui refusent tout lien avec les syndicats américains et qui espèrent l’édification d’un véritable syndicalisme canadien. Malheureusement, cette idée ne se développe guère à l'extérieur du Québec.

1906
Le 23 février 1906, le Parti ouvrier envoie à la Chambre des communes son premier député pour représenter les citoyens de la circonscription de Maisonneuve à Montréal. Alphonse Verville, un plombier de métier alors président du CMTC, sera réélu à deux reprises dans la circonscription de Maisonneuve à Montréal lors des élections du 26 octobre 1908 et du 21 septembre 1911. Le 17 décembre 1917, il est élu dans la circonscription de Saint-Denis. Il occupera la fonction de député jusqu’à son décès à l’âge de 56 ans le 20 juin 1921. Il siégea à la Chambre des communes durant 5597 jours (15 années, 3 mois, 27 jours).

1907
La Loi sur les enquêtes en matière des différends industriels en 1907, de William Lyon Mackenzie King, exige que certains groupes importants de travailleurs (mineurs et cheminots) passent par une période de conciliation avant d'entamer une grève légale. Comme les employeurs restent libres d'ignorer les syndicats, de licencier des employés, d'embaucher des briseurs de grève et de faire appel à l'aide des militaires, les syndicats finissent par s'opposer à cette loi.

Petit à petit, les syndicats internationaux se sentent menacés par les syndicats catholiques de divers diocèses mis sur pied par des membres du clergé qui leur reprochent de pratiquer un syndicalisme de confrontation et de diffuser des idées « socialistes et anticléricales ».

1908
La semaine de travail maximum est fixée à 58 heures en 1908. L’année suivante, le gouvernement du Québec interdit le travail des enfants de moins de 14 ans.

1914
Bien que les syndicats soient légaux depuis 1872, la loi ne leur accorde que très peu de droits. Ce qui n’aide en rien la cause du mouvement syndical. Les employeurs ont toujours la possibilité de licencier à volonté les syndiqués. De plus, la loi ne les oblige pas à reconnaître un syndicat choisi par leurs employés. En cas de grève, ces employeurs peuvent même demander au gouvernement de faire intervenir l'armée et la milice pour rétablir l'ordre. C’est d’ailleurs ce qui se produit plus de 30 fois entre 1872 et 1914.

1916
Fondation du journal Le Monde ouvrier, organe du CMTM et des « unions internationales » à Montréal et au Québec le 18 mars 1916. Son directeur fondateur est le typographe d'origine belge Gustave Francq, ex-président du CMTM, qui sera la figure dominante du syndicalisme au Québec durant la première moitié du 20e siècle. Le Monde ouvrier est aujourd'hui l'organe officiel de la FTQ.
 
1919
De nombreux travailleurs s'affilient pour la première fois aux syndicats, dont les effectifs se gonflent pour atteindre 378 000 personnes en 1919. Avec la fin de la guerre, les grèves se multiplient partout au pays. On en compte plus de 400, dont la plupart sont en Ontario et au Québec.

1920
Au début des années 20, les industriels parviennent à chasser les syndicats de métier de la plupart des lieux de travail et à transformer les méthodes de travail au point de les affranchir de leur dépendance envers bon nombre d'artisans qualifiés, mais rares sur le marché. Ce n'est que dans les secteurs de l'imprimerie et de la construction que les syndicats de métier subsistent avec une certaine vitalité.

 1930
La Crise économique mondiale des années 30 frappe durement le monde ouvrier. Près de 25 % des Canadiens sont sans travail. L'aide d'urgence s'avère inadéquate et est souvent distribuée dans des conditions humiliantes. Les associations de chômeurs luttent contre les mises à pied et recueillent des appuis pour la mise en place de « l'assurance-chômage » qui sera finalement instaurée en 1940.

1931
En 1931, les syndicats comptent environ 72 000 membres, ce qui représente 10 % des travailleurs salariés. Ce sont surtout des cheminots, des ouvriers de la construction et des travailleurs de métier de l'industrie manufacturière.

1933
Au Québec, un travailleur sur trois est en chômage.

1935
Le 3 juin 1935, Arthur « Slim » Evans, un organisateur de l’Association nationale des travailleurs en chômage, dirige l’une des protestations les plus spectaculaires. La « Marche sur Ottawa » mobilisera plus d’un millier de chômeurs en colère. À bord de wagons couverts, les protestataires quittent les camps de secours fédéraux de la Colombie-Britannique pour se rendre à Ottawa exigeant travail et salaire. Alarmé par l’ampleur de la manifestation, le Premier ministre R.B. Bennett interdit l’accès aux trains. Le cortège s’arrête à Regina où la GRC appréhende les chefs. S’ensuit une émeute au cours de laquelle un policier sera tué. Au terme de cette protestation, le gouvernement fédéral adopte une politique plus souple à l’égard des travailleurs et prévoit un « filet de sécurité » pour les prémunir des pertes salariales en temps de crise.

1937
En 1937, les Commis d'Entrepôt et d'Emballage Unis d'Amérique (originaire­ment connue sous le nom de Comité de Syndicalisation des Commis d'Entrepôt et d'Emballage), ont énormément de succès, car ils s’occupent avec beaucoup de dynamisme des grandes associations d'empaquetage. Le CEEUA bénéficiait de militantisme et d'activisme politique qu'ils ont apportés lors de la fusion avec le syndicat des Coupeurs de Viande et Bouchers Unifiés d'Amérique du Nord en 1960. Au Canada, le syndicat fusionné s'est fait connaître sous le nom de Travail­leurs Unis de l'Alimentation du Canada.

La FPTQ est fondée à Trois-Rivières en 1937. Elle représente alors les sections locales d’unions nord-américaines de métiers et des syndicats industriels. Ses priorités : le recrutement et la journée de travail de huit heures.

Fondation de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ), qui prend la relève du Comité exécutif provincial du Québec du CMTC. Son premier président est Raoul Trépanier, de l'Union des employés de tramway. Son premier secrétaire est Gustave Francq, de l'Union des typographes.

Grève de 5 000 midinettes de Montréal, membres de l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD, aujourd'hui le SVTI-FTQ). En 1937, à Montréal, 5 000 ouvrières du vêtement pour dames débraient. Après 25 jours de grève, elles obtiennent la semaine de travail de 44 heures et des hausses de salaire importantes.

Pendant son premier mandat (1936 à 1939), le premier ministre unioniste Maurice Duplessis pose plusieurs gestes antiouvriers. À plusieurs reprises, il utilisera la Loi du cadenas contre les syndicats. Cette loi québécoise (Loi concernant la propagande communiste) permet au procureur général de fermer, pour un an, tout édifice utilisé pour faire la propagande du « communisme et du bolchevisme » (sans les définir). Un juge peut ordonner la réouverture si le propriétaire peut prouver que l'édifice n'a pas servi à cette fin pendant la dernière année. De plus, la loi autorise le procureur général à confisquer et à détruire tout matériel imprimé de propagande communiste et bolchevique. Toute personne ayant imprimé, publié ou diffusé ce genre de document peut être emprisonnée pendant un an, sans appel. En 1957, la Cour suprême du Canada déclare cette loi inconstitutionnelle, puisqu'elle empiète sur le droit criminel, un champ de compétence fédérale.

1938
En 1938, le Québec fixe à 48 heures la durée normale de la semaine de travail dans la plupart des industries. Les heures de travail sont plus élevées dans les commerces, les boulangeries, les fonderies, les scieries, les travaux publics et les industries saisonnières.

1939
Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le capital de sympathie à l’égard du mouvement syndical augmente auprès des travailleurs non qualifiés et semi-qualifiés dans les domaines de la métallurgie et du textile. Bien que les syndicats catholiques veillent sur une partie de ces travailleurs, ce sont surtout les syndicats internationaux affiliés à la centrale américaine CIO qui récolte les fruits de cette popularité. À la suite de l’organisation de ces travailleurs, le niveau de syndicalisation progresse rapidement.

Craignant de revivre la recrudescence de l'inflation et de l'agitation sociale qui ont marqué la Première Guerre mondiale, le gouvernement canadien met sur pied le 3 septembre 1939 la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.

Entre 1939 et 1945, des milliers de femmes prennent la route du marché du travail pour dans les usines, les bureaux et les commerces. Toutefois, plusieurs d’entre elles seront retournées à leur cuisine après la guerre. 

1940
L’année 1940 marque l'adoption par le Parlement canadien de la Loi de l’assurance-chômage, une revendication traditionnelle des syndicats.

C’est aussi en 1940 qu’on assiste à la fondation du Congrès canadien du travail (CCT), l'équivalent canadien du CIO, ainsi qu’à la fondation de son Conseil du travail de Montréal.

1941
La Commission des prix et du commerce en temps de guerre échoue dans sa mission de freiner l’inflation au Canada. Le premier ministre Mackenzie King annonce un gel des prix et la stabilisation des salaires. Aussi, le gouvernement fédéral cherche à bâillonner les syndicats avec des restrictions au droit de grève. Mais beaucoup de travailleurs refusent d'attendre la fin des hostilités pour obtenir de meilleurs salaires et la reconnaissance syndicale. En 1941, des grèves comme celle des ouvriers des mines d'or de Kirkland Lake convainquent le gouvernement de changer de politique.

En 1941, le taux de syndicalisation des travailleurs atteint 20.7 %.

1944
Grande victoire pour le mouvement syndical. En 1944, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout adopte la Loi sur les relations ouvrières, l’ancêtre du Code du travail. Cette loi oblige notamment l’employeur à négocier de bonne foi avec un syndicat formé de 60 % et plus des travailleurs et travailleuses d’une unité de production. Inspirées du Wagner Act américain, les principes de cette loi, qui protège et favorise le droit des travailleurs à la négociation collective, sont encore de nos jours à la base du système de relations du travail.

1945
En 1945, au cours d’une importante grève, les femmes des TUAC Canada attirent l’attention d’un quotidien de Toronto, qui rapportait les faits suivants : « …sur les lignes de piquetage auxquelles participaient quelque 120 filles qui déambulaient près de l’usine sur l’avenue St-Clair. Les agents de police à cheval insistaient de bonne manière pour qu’ils et elles continuent à bouger, mais aucune exigence n’a été faite pour que les piqueteurs marchent en un seul rang. Les filles déambulaient bras dessus bras dessous sous le soleil brillant, certaines chantaient. »

Au lendemain de la guerre, une vague de grèves balaie le pays. Les travailleurs font des gains importants en salaires et en heures de travail. Plusieurs conventions collectives comportent désormais des procédures de grief. La notion de congé payé fait son apparition. Quelques grèves d'envergure nationale cherchent à contester les disparités régionales des salaires. À Windsor en Ontario, la grève aux usines Ford commence par le débrayage de 17 000 travailleurs. Elle donne lieu à la décision historique du juge Ivan C. Rand qui accorde la retenue obligatoire des cotisations syndicales. Cette retenue contribue à assurer aux syndicats la sécurité financière. Par contre, certains affichent leur crainte de voir s'installer ainsi la bureaucratie dans les syndicats.

1948
En 1948, la Loi sur les relations industrielles et sur les enquêtes visant les différends au travail est adoptée. Celle-ci remplace les règles d’urgence établies en temps de guerre. La nouvelle loi combine les dispositions relatives à l’obligation de négocier collectivement et les dispositions de la Loi des enquêtes en matière de différends industriels concernant la conciliation et les enquêtes.

1949
En 1949, les syndicats comptent plus d'un million de membres. L'essor des organisations syndicales vient en bonne partie des nouvelles industries de production de masse.

C’est en 1949 qu’est fondée la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), la grande centrale mondiale à laquelle appartiennent la FTQ et le CTC.

1950
Dans les années 50, le gouvernement de Maurice Duplessis doit faire face à l’opposition des centrales syndicales. Celles-ci luttent contre les lois restreignant les droits syndicaux et réclament un plus grand interventionnisme de l’État dans le domaine social. L’ardeur du mouvement syndical pave la voie à l'avènement de la Révolution tranquille. Au cours des années 50, les syndicats internationaux représentent 50 % de l'effectif syndical contre 30 % pour les syndicats catholiques.

1951
En 1951, 26.5 % des travailleurs sont syndiqués.

1952
Fondation de la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ), rattachée au Congrès canadien du travail et au CIO. Son président est Romuald Lamoureux du Syndicat des Métallos et le secrétaire est Roméo Mathieu des Ouvriers unis des salaisons, aujourd’hui les TUAC-FTQ. Au moment de sa création en 1952, la FUIQ compte environ 30 000 membres. Elle prône le syndicalisme industriel, la défense du nationalisme canadien et l'accroissement du rôle de l'État. Pendant sa courte existence, elle sera à l'avant-plan de la résistance contre le régime Duplessis.

1954
De retour au pouvoir depuis 1944, Maurice Duplessis fait adopter deux lois qui prévoient la perte d’accréditation pour les syndicats soupçonnés d’être dirigés par des communistes ainsi que pour les syndicats des services publics qui recourent à la grève ou menacent d’y recourir.

1955
Huguette Plamondon
, une montréalaise employée comme secrétaire des Ouvriers unis des salaisons, incarnait la nouvelle génération de travailleuses du Canada. Peu de temps après son entrée sur le marché du travail en 1945, la consoeur Plamondon se trouva mêlée à une grève massive qui touchait l’ensemble du secteur des viandes. Motivée par une forte croyance en la justice sociale, la consoeur Plamondon se mit rapidement à soutenir la grève. Menant des piquets de grève, elle devint à 21 ans une source d’inspiration et d’encouragement pour ses confrères et consoeurs membres du syndicat.

Nantie d’une rare combinaison d’intelligence, de passion, d’éloquence et d’extravagance (elle portait des chapeaux mous et fumait de gros cigares), elle gravit rapidement les échelons du mouvement syndical marquant l’histoire tout le long de son parcours.

La consoeur Plamondon fut élue présidente du Conseil du travail de Montréal en 1955 et devint ainsi la première Canadienne à diriger une grande organisation syndicale.

1956

La condition du mouvement ouvrier se renforce par la fondation du Congrès du travail du Canada (CTC), né de la fusion du CMTC et du CCT. Huguette Plamondon devint la première femme au Canada à occuper un poste de cadre au sein d’un syndicat national en détenant un poste de vice-présidence au Congrès du travail du Canada (CTC) nouvellement formé. Mentionnons aussi qu’elle est la première militante à occuper un tel poste en Amérique du Nord.

1957
Les 15 et 16 février 1957, les 428 délégués réunis au Château Frontenac à Québec votent pour la fondation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), née de la fusion de la FPTQ et de la FUIQ. Son premier président est Roger Provost des Ouvriers unis du textile d'Amérique (OUTA). Son premier secrétaire est Roméo Mathieu du Syndicat des salaisons.

Grève des mineurs Murdochville, membres du Syndicat des Métallos (FTQ). Cette grève dure sept mois et reste un symbole de la lutte du mouvement ouvrier contre le régime du premier ministre Maurice Duplessis. Le 7 septembre 1957, plus de 4000 travailleurs et travailleuses de toutes les régions manifestent en faveur des grévistes devant le parlement de Québec.

1960
Depuis les années 60, les gouvernements imposent de plus en plus souvent des règlements par voie législative. Malgré les politiques de l'État-providence, beaucoup de travailleurs continuent de souffrir de l'insécurité économique et de la pauvreté.

Le congrès de la FTQ appuie la création du Nouveau Parti Démocratique (NPD).

Selon Statistique Canada, le taux de syndica-lisation ou de présence syndicale est de 31.7 % au Québec et de 32.3 % au Canada.

1961
À la fondation de la FTQ, l’action syndicale est principalement dirigée autour des enjeux de sécurité du travail et du droit à l’indemnisation des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Dès 1961, on parle également de santé et, surtout, de prévention. Aujourd’hui, la sécurité, la santé physique et mentale ainsi que le bien-être sont devenus des préoccupa-tions de tous les instants. La FTQ et la CSN présentent un mémoire conjoint sur la santé et la sécurité du travail en commission parlementaire à Québec. Ce mémoire trace la voie aux grandes réformes de la fin des années 1970.

1963
Les premiers pas de la syndicalisation dans le commerce pour la région de Québec, c’est fait au cours de l’année 1963 avec la syndicalisation des employés des Magasins Dominion dans la région de Québec par l’Union des Commis de Détail, section locale 486.

En 1963, Ottawa met sur pied la Commission Royale d’enquête Laurendeau-Dunton, chargée d’examiner la situation linguistique au Canada. Elle conclut que les francophones sont victimes de discrimination et recommande de déclarer le français langue officielle, notamment à la Chambre des communes à Ottawa.

Quatre ans plus tard, le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau adopte la loi qui fait du français et de l’anglais les langues officielles au Canada. Les institutions fédérales doivent devenir bilingues. Les portes de la fonction publique s’ouvrent aux francophones.

1964
Louis Laberge, du Syndicat des Machinistes, est élu président de la FTQ.

Les 11 et 12 avril 1964 se déroule le premier congrès extraordinaire de la FTQ. Plus de 2000 délégués donnent à leurs dirigeants un mandat de moyens de pression, pouvant aller jusqu’à la grève générale, pour s’opposer au projet du gouvernement du Québec d’un nouveau Code du travail (Bill 54). Le projet de loi 54 interdit le droit de syndicalisation et le droit de grève dans les secteurs public et parapublic. Le président de la FTQ, Roger Pronovost, s’engage avec énergie dans la bataille pour faire modifier ce projet de loi. Il convoque le premier congrès extraordinaire de la FTQ. Finalement, sous la menace d’une grève générale votée par les 2000 congressistes, le gouvernement recule et inclut ces droits dans la loi 54.

La condition du mouvement ouvrier se renforce par la fondation du Congrès du travail du Canada (CTC), né de la fusion du CMTC et du CCT. Huguette Plamondon devint la première femme au Canada à occuper un poste de cadre au sein d’un syndicat national en détenant un poste de vice-présidence au Congrès du travail du Canada (CTC) nouvellement formé. Mentionnons aussi qu’elle est la première militante à occuper un tel poste en Amérique du Nord.

1966
En 1966, le syndicat des TUAC Canada est le premier à établir la parité salariale dans l’industrie alimentaire. Autrement dit, notre syndicat négocie depuis quatre décennies des contrats exigeant purement et simplement un salaire égal pour un travail équivalent.

De plus, dans la foulée de la grève illégale menée par les postiers (FTQ) l’année précédente, le gouvernement fédéral de Lester B. Pearson reconnaît à son tour les droits à la syndicalisation et à la grève pour les 260 000 fonctionnaires fédéraux.

1968
En 1968, une restructuration de l’Union des Commis du Détail mène à la fondation de l’Union des Employés de Commerce, section locale 500, avec une structure provinciale à laquelle adhérait de façon sporadique les Magasins Steinberg, Miracle Mart et bien d’autres jusqu’à mai 1974.

1970
Dans les années 70, la présence des syndicats et le climat de changement social découlant de la Révolution tranquille provoquent une radicalisation du mouvement syndical. Le Québec devient la province la plus fertile en grèves. En effet, les trois principales centrales syndicales québécoises (CSN, FTQ, CEQ) développent une vive critique du système capitaliste à partir de l'idée de lutte de classes.

De violents affrontements opposent briseurs de grève et les syndiqués pendant les conflits de travail. Nombreux sont les employeurs qui refusent d’appliquer la formule Rand qui prévoit la perception obligatoire des cotisations syndicales à la source.

La FTQ devient membre du Comité consultatif de la Commission des accidents de travail mis en place par le gouvernement du Québec.

1971
En 1971, les syndicats des métiers de l'imprimerie affiliés à la FTQ mènent une grève qui durera 7 mois au quotidien La Presse.

1972
La FTQ et la CSN publient le Manifeste des chômeurs et organisent un ralliement contre le chômage au Forum de Montréal.

Grève du Front commun CEQ-CSN-FTQ dans le secteur public et parapublic québécois et emprisonnement des présidents des trois centrales, Yvon Charbonneau (CEQ), Marcel Pepin (CSN) et Louis Laberge (FTQ). D’autres sanctions frappent 34 autres dirigeants syndicaux. Grèves de solidarité (mai 1972).

1973
Plus de 400 grévistes de la FTQ et de la CSN occupent les bureaux du ministre du Travail de l’époque, le libéral Jean Cournoyer, pour réclamer l’adoption d’une loi antibriseurs de grève.

1974
Au cours de l’année 1974, les membres actifs de la région de Québec ont demandé à l’Association Internationale de l’Union des Employés de Commerce, d’avoir une autonomie locale dans la région de Québec. Après plusieurs rencontres avec les délégués syndicaux et la participation de plusieurs membres, il fut convenu de faire une demande de charte à l’Association Internationale de l’Union des Employés de Commerce regroupant les membres de la région de Québec et de l’est du Québec dans une section locale.

Le 1er mai 1974, le président de l’Association Internationale des Employés de Commerce a acquiescé à notre demande et a décidé de fonder la section locale 503 dans la région de Québec. Le premier conseil exécutif se composait des directeurs suivants, Colette Roy (Caisse populaire), Monique Plouffe (Miracle Mart), Marc Perron (Dominion Thetford-Mines), Réginald Poirier (Steinberg Rimouski), Arthur Chervarie, André Wiseman (Dominion Québec), Marcel Tremblay (Jato), Robert Bowen, secrétaire-trésorier, Gilles Rouleau, secrétaire archiviste et Michel Arsenault, président.

Lors du congrès du CTC, la FTQ acquiert un statut spécial d'autonomie au sein de la centrale canadienne.

La FTQ tient le premier Colloque syndical au Québec portant exclusivement sur la santé au travail. Plus de 300 membres, de partout au Québec, y participent.

Premières célébrations communes de la Journée internationale des femmes par les centrales syndicales et les groupes féministes.

1975
Le 21 juin 1975, à l’appel de la FTQ, 100 000 travailleurs et travailleuses débraient pour réclamer la perception obligatoire des cotisations syndicales et l’adoption d’une loi antibriseurs de grève en appui aux syndiqués de la United Aircraft en grève depuis le 9 janvier 1974. Grève de 20 mois des Travailleurs de l'automobile et de l'aérospatiale (FTQ) chez le fabricant de moteurs d'avion United Aircraft (aujourd'hui Pratt et Whitney) à Longueuil. Pour la première fois de son histoire, la FTQ appelle à une grève générale de solidarité de 24 heures, le 21 mai 1975.

1976
Première parution du bulletin d'information de l'Union des employés de commerce (maintenant TUAC 503). Son nom, « Nou-Lo », signifie nouvelles du local.



Première grève générale de 24 heures au Canada, à l'appel du CTC, pour dénoncer la loi de contrôle des salaires (14 octobre 1976).

Pour la première fois, la FTQ appuie un parti aux élections québécoises, le Parti québécois, qui est élu (15 novembre 1976).

Création du Service de la santé et sécurité du travail (FTQ).

1977
Adoption par le gouvernement du Parti Québécois de la loi 45 interdisant les briseurs de grève et instaurant la perception obligatoire des cotisations syndicales à la source.

1979
Les TUAC ont vu le jour le 6 juin 1979 à la suite de la fusion de l’Association internationale des employés de commerce (AIEC) et l’Amalgamated Meat Cutters and Butcher Workmen of North America (AMCBWNA), connu au Canada sous le nom de Travailleurs canadiens de l’alimentation et d’autres industries, ou TCAAI.

Cette fusion de 1979 fut le point culminant de nombreuses années de fusions précédentes au cours desquelles plusieurs syndicats différents, mais de secteurs connexes se sont réunis dans le but de devenir plus forts.

Les TUAC comptent des membres dans les magasins d'alimentation, les usines de traitement de volaille, de viande et de poisson, les indus­tries de la fourrure et du cuir, les hôtels, les restaurants, les cliniques médicales, les pharmacies, les chalutiers, les entrepôts, les laiteries, les laboratoires, les salons de coiffure, les usines de chaussures, les minote­ries, les pâtisseries... et la liste continue. Le siège social de l'Union Internationale des TUAC se situe à Washington, D.C. et le siège canadien se trouve à Toronto.

En 1979, le gouvernement du Parti Québécois adopte la Loi sur la santé et la sécurité du travail (loi 17). Elle intègre plusieurs des revendications défendues par la FTQ et le mouvement syndical québécois depuis les années 1960 : l’obligation de prévention, la reconnaissance des maladies professionnelles et le droit de refuser de travailler dans des conditions dangereuses. Ces gains profitent à tous les travailleurs et les travailleuses du Québec.

1980
Le marché du travail capitaliste ne réussit pas à garantir le plein emploi aux travailleurs canadiens, de sorte que depuis les années 80, les statistiques en comptent régulièrement plus d'un million en chômage. C'est surtout dans les régions moins développées, comme les Maritimes, que beaucoup de travailleurs ne disposent que d'un travail à temps partiel ou saisonnier, ce qui en fait un réservoir de main-d'oeuvre pour l'économie du pays. La plupart des travailleurs d'aujourd'hui ont plus de sécurité que leurs prédécesseurs du XIXe siècle, mais beaucoup sont menacés de nos jours par la mondialisation de l'économie et les nouvelles stratégies des employeurs cherchant à réduire leurs frais de personnel.

1981
Le Québec accorde le droit au retrait préventif pour les travailleuses enceintes ou qui allaitent.

1982

Selon Statistique Canada, le taux de syndicalisation ou de présence syndicale est de 44.6 % au Québec et de 39 % au Canada.

1983
La FTQ réalise une première dans le mouvement syndical en mettant sur pied le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), un fonds d'investissement pour créer et maintenir des emplois dans des entreprises québécoises. La création du Fonds de solidarité des travailleurs et travailleuses du Québec, aujourd’hui le Fonds de solidarité FTQ, marque un tournant décisif dans la prise en main, par les travailleurs et les travailleuses, du développement économique du Québec. Leurs épargnes pour la retraite fructifient à l’abri de l’impôt et sont investies dans des entreprises qui leur ouvrent les livres.

Le Fonds de solidarité FTQ, ses Fonds régionaux et sectoriels ainsi que leurs partenaires ont créé et maintenu depuis, des centaines de milliers d’emplois. Ils ont également contribué à la formation économique de milliers de travailleurs et de travailleuses ainsi qu’à l’accroissement de leur participation et de leur influence dans les entreprises.

1985
À l’occasion du congrès de 1985, le nom de la FTQ se féminise et devient la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

La création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), en 1985, est une autre victoire syndicale. Quatre représentants de la FTQ siègent à son conseil d’administration qui réunit patronat et syndicats.

Désormais, les syndicats sont reconnus comme des partenaires incontournables en santé et sécurité, dans les instances gouvernementales comme en milieu de travail. La CSST soutient financièrement ses partenaires syndicaux et patronaux dans leurs efforts de formation en prévention.

Adoption de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles (loi 42) par le gouvernement du Parti libéral du Québec. Elle intègre un régime de remplacement du revenu et un régime intégré de réadaptation, comme demandé par la FTQ.

1986
Imposition d’amendes et de sanctions aux syndiqués du secteur public par le gouvernement libéral de Robert Bourassa.

1988
29 mai 1988 : Inauguration des locaux des TUAC 503 au 2670, rue Dalton à Sainte-Foy.

1990
En 1990, la FTQ organise un colloque sur la formation professionnelle et fait pression sur le gouvernement pour que les entreprises investissent pour améliorer les compétences et la qualification de leur main-d’oeuvre. Une loi adoptée en 1995 oblige les employeurs à consacrer 1 % de leur masse salariale à cette mission.

1991
Fernand Daoust est élu président de la FTQ, Clément Godbout, des Métallos, est élu secrétaire général.

1992
Création de la Société québécoise de développement de la main-d’oeuvre par le gouvernement libéral de Robert Bourassa.

1993
Clément Godbout est élu président de la FTQ, Henri Massé du SCFP est élu secrétaire général.

Plus de 45 000 personnes participent à une manifestation intercentrale à Montréal contre le projet du gouvernement libéral de Jean Chrétien visant à couper dans l’assurance-emploi.

Amendement du Code canadien du travail pour inclure la réaffectation préventive des travailleuses enceintes ou qui allaitent.

1994
Le président de la FTQ siège désormais au conseil exécutif de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).

Selon Statistique Canada, le taux de syndicalisation ou de présence syndicale est de 41.9 % au Québec et de 37.5 % au Canada.

1995
Les femmes des TUAC Canada ont mené la Marche des femmes contre la pauvreté.

Adoption de la loi favorisant le développement de la formation de la main-d'oeuvre.

1996
L'augmentation du nombre de femmes au travail constitue un autre changement important. Vers 1996, le taux de participation des femmes dans la population active dépasse les 59 %. Les femmes forment 45 % de la population active et plus de 40 % des effectifs syndicaux. Ce changement se traduit par la plus grande place que prennent les dirigeantes syndicales et par l'attention portée aux questions des congés de maternité, de la garde des enfants, du harcèlement sexuel et de la rémunération égale pour un travail de valeur égale. Par ailleurs, seulement 33,9 % des salariés non agricoles du Canada sont syndiqués. Cependant, puisque les syndicats ont souvent poursuivi des objectifs à l'avantage de tous les travailleurs, le mouvement syndical a maintenant une place établie dans la société canadienne.

Plus de 60 % des syndiqués appartiennent à des syndicats proprement canadiens. 

1997
En 1997, le Québec rapatrie des pouvoirs du fédéral sur l’emploi et la main-d’oeuvre. Le gouvernement crée alors la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT). La Commission, où la FTQ a deux sièges, conseille le gouvernement sur les services d’emploi et assume la plupart des responsabilités liées à la Loi sur la formation de la main-d’oeuvre.

En 1997, on trouve 2,5 millions de syndicalistes affiliés au CTC à l'intérieur de 51 syndicats nationaux et internationaux. Les questions économiques et législatives d'intérêt national représentent les préoccupations principales du CTC. Les fédérations provinciales et territoriales de travailleurs ainsi que les conseils municipaux de travailleurs coordonnent des programmes comparables pour les syndiqués affiliés au CTC. Tous les trois ans, quelque 3000 délégués venant des syndicats affiliés se réunissent pour établir les politiques de l'organisme central. Entre les assemblées, les décisions politiques sont prises par un conseil exécutif composé de 47 membres. Le siège social du CTC se trouve à Ottawa.

1998

Henri Massé est élu président de la FTQ, René Roy du SCEP est élu secrétaire général.

 

1999

En 1999 et 2001, les femmes des TUAC Canada se sont rendues à Seattle, Washington et Québec pour prendre part à des rassemblements massifs contre la mondialisation.

 

2000

En 2000, les femmes des TUAC Canada ont pris part à la Marche mondiale des femmes, une manifestation mondiale pour l’élimination de la pauvreté infantile et la violence faite aux femmes qui a abouti devant l’édifice des Nations Unies à New York.

 

Selon Statistique Canada, le taux de syndicalisation ou de présence syndicale dans l’ensemble des secteurs d’activité économique est de 39.9 % au Québec et de 32.2 % au Canada.

 

Avec plus d’un demi-million de membres, la FTQ représente en 2000, 44 % des effectifs syndiqués au Québec. Elle est aussi la centrale syndicale qui compte le plus grand nombre de femmes avec ses quelque 165 000 syndiquées.

 

2001

27 avril 2001 : Élection de Marie-Josée Lemieux comme présidente des TUAC 503. Elle est la première femme à occuper un poste de présidente de section locale dans toute l’histoire des TUAC au Canada.


2002
Le Comité de conditions de vie et de travail des femmes (CCVTF) des TUAC 503 a déposé le 19 décembre 2002 auprès de la ministre d‘État à la Solidarité sociale, à la Famille et à l’Enfance, Mme Lynda Goupil, une pétition de 10 709 signatures demandant au gouvernement d’obliger les supermarchés et les établissements commerciaux à rester fermés lors de congés fériés, notamment à Noël et au Jour de l’An. La pétition est déposée à l’Assemblée nationale le 17 février 2003 par le député de La Peltrie, monsieur Michel Côté.

 
2003
Février 2003 : Première parution du PSST!, le périodique de solidarité syndicale des TUAC 503.


Le gouvernement libéral de Jean Charest modifie sous le bâillon l’article 45 en faveur des patrons.

2004
Le gouvernement de Jean Charest adopte dans la Loi sur les normes du travail des dispositions pour contrer le harcèlement psychologique. Elles deviennent partie intégrante des conventions collectives.

 2005

6 mai 2005 : Le Saguenay fait la grimace à Wal-Mart. Plus de 600 personnes se mobilisent contre la fermeture du Wal-Mart de Jonquière.


3 juin 2005 : Élection de l’actuel président de la section locale 503 des TUAC, monsieur André Dumas.


En 2005, au Québec, le salaire moyen des travailleuses syndiquées était de 5 % inférieur à celui des hommes. L’écart était de 20 % pour les non-syndiquées! La syndicalisation des femmes a ainsi permis de réduire substantiellement les écarts salariaux avec les hommes. Les femmes non syndiquées occupent en effet encore trop souvent des emplois où dominent la précarité et les bas salaires. Les femmes doivent poursuivre leurs percées dans les secteurs d’emploi traditionnellement masculins, où elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses.

2006

À la suite des pressions de la FTQ et du Bloc Québécois, le projet de loi anti-briseurs de grève pour les entreprises sous juridiction fédérale est à l’ordre du jour des travaux parlementaires.

 

En 2006, à peine 40 % des sans-emplois ont accès à l’assurance-emploi. Ils ont pourtant contribué à sa caisse qui a accumulé des surplus de plus de 50 milliards de dollars en 10 ans! Le gouvernement fédéral les a utilisés pour payer ses dépenses courantes. Un véritable vol. La FTQ réclame le remboursement de ces sommes ainsi qu’une hausse et un accès accru aux prestations.

 

2007

Au Québec, près d’un travailleur sur deux est une femme. Le Québec a un réseau de garderies, des congés parentaux, une Loi sur l’équité salariale, des dispositions législatives sur le harcèlement psychologique et sur le retrait préventif des travailleuses enceintes, etc. Depuis 30 ans, le taux de syndicalisation des Québécoises a grimpé à 39 %. Ce taux rejoint presque celui des hommes, à 42 %.

 

En 2007, la FTQ est la centrale syndicale qui rassemble le plus grand nombre de jeunes de moins de 35 ans. Elle regroupe aussi le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec, qui représentent le tiers de ses effectifs.

 

2008

Les TUAC ont été fondés, et continuent leur croissance, sur des bases établies par quelques-unes des plus grandes organisations syndicales de l’Amérique du Nord. Leur force provient du grand nombre de membres que nous représentons et de nos démarches continues de recrutement de nouveaux membres (en moyenne, plus de 10 000 chaque année au Canada et plus de 100 000 à l’échelle nord-américaine) ainsi que des fusions avec d’autres organisations syndicales.

 

La richesse et la variété de l’héritage des TUAC proviennent d’une approche et d’une stratégie uniques découlant de l’ensemble de l’expérience acquise par les syndicats fondateurs et façonnée en fonction des besoins des membres.

 

De plus en plus de syndicats élargissent leur sphère de compétence et comptent des membres oeuvrant dans plusieurs secteurs d’activités. Les TUAC de leur côté ont représenté et continuent de représenter, plus de travailleurs, dans plus d’industries et milieux de travail que tout autre syndicat existant. Les TUAC ont puisé avec succès à même l’expérience commune et la diversité d’approche de leurs prédécesseurs de sorte à soigneusement créer un ensemble meilleur que la somme de ses composantes.

 

Aujourd’hui, les TUAC sont parmi les syndicats les plus grands, les plus progressistes et connaissent la plus forte croissance au monde. En Amérique du Nord, les TUAC représentent plus de 1,3 million de membres, dont quelque 240 000 au Canada.

 

La majorité des membres des TUAC oeuvrent dans des magasins d’alimentation et de commerce au détail, dans des établissements de services, ainsi que dans les secteurs de la transformation des aliments et de la production industrielle. Mais, on peut aussi trouver des membres des TUAC dans pratiquement tous les milieux de travail, fournissant presque tous les genres de services imaginables.

 


Source : TUAC - FTQ - L'encyclopédie canadienne Historica - Congrès du travail du Canada - Gouvernement du Canada - Jacques Rouillard - AFPC Atlantique 


   
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