Légalité des appareils de poker électroniques dans les casinos du Québec - La Régie des alcools, des courses et des jeux tarde toujours à se prononcer
MONTREAL, le 10 janvier - Alors que les trois casinos du Québec s'apprêtent à ouvrir des salons de poker électroniques, la Régie des alcools, des courses et des jeux n'a toujours pas statué sur la légalité des appareils que la Société des casinos entend mettre en place. Le 7 décembre, les trois syndicats FTQ représentant les quelque 1450 croupiers des casinos de Montréal, du Lac-Leamy et de Charlevoix ont déposé une plainte sur la légalité des appareils que la Société des casinos veut implanter sur le territoire québécois. Malgré une seconde intervention auprès de la Régie le 3 janvier, celle-ci ne s'est toujours pas prononcée.
La plainte déposée vise les « appareils de type Texas Hold'EM fabriqués par la compagnie Poker Tek », qui seront installés dans les nouveaux salons de poker. Pour les trois syndicats représentant les croupiers, l'introduction de ces appareils est « totalement illégale et va à l'encontre, non seulement du Règlement sur les jeux de casino (c.S-13.1, r.1.01), mais également à l'encontre du projet d'amendement de ce règlement qui fut publié dans la Gazette officielle du Québec ».
Du côté des croupiers, on estime que, pour qu'un salon de poker soit conforme à la loi, entre autres, les cartes doivent être distribuées par une personne. Au Québec, l'utilisation de machines à sous est encadrée légalement. Dans ce cas, le résultat d'un jeu sur une machine à sous doit reposer sur le hasard, même lorsque le joueur peut faire des choix, ce qui n'est pas le cas avec les machines électroniques de poker.
« En ouvrant des salons de poker avec des machines électroniques malgré le dépôt d'une plainte officielle à la Régie, la Société des casinos et ses dirigeants ne se comportent pas en citoyens corporatifs responsables, fait valoir le conseiller syndical Jean-Pierre Proulx. Loto-Québec et ses trois casinos se doivent d'être d'une transparence à toute épreuve. La Société des casinos devrait suspendre l'ouverture des salons de poker afin que la Régie statue sur la légalité des machines que nos casinos s'apprêtent à exploiter. »
Pour Roger Leclerc, président du syndicat des croupiers du casino de Montréal, « la Régie se doit d'intervenir. S'il s'avère que les machines électroniques ne respectent pas la loi sur la société des loteries du Québec, les casinos québécois doivent la respecter. On ne peut pas tenir compte des lois qui font notre affaire et ignorer celles qui nous indisposent ».
Pour sa part, Francis Cantin, président du syndicat des croupiers du casino du Lac-Leamy ajoute : « Nous prétendons qu'en plus d'être illégales, les tables de poker électronique sont nuisibles pour nos emplois et nos conditions de travail, ainsi que pour les relations de travail avec nos employeurs. Pour toutes ces raisons, nous avons, par l'entremise de nos avocats, déposé une plainte officielle le 7 décembre dernier à la Régie des alcools, des courses et des jeux, pour qu'elle intervienne d'urgence dans ce dossier ».
Rappelons que les syndicats des croupiers SCFP et TUAC affiliés à la FTQ, représentent quelque 1450 croupiers aux casinos de Montréal, du Lac-Leamy et de Charlevoix.
Renseignements : Steeve Bégin, négociateur pour les TUAC 503, 1 800 463-4572
Source : FTQ
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